Parler du cancer avec les enfants – Julie

 

Julie a trouvé que la présence de sa fille tout au long de son parcours de cancer l’a aidée à maintenir une routine normale et l’a empêchée de tomber en dépression.

Transcription

Ma fille, à l’époque, elle avait 2 ans et demi quand j’ai eu ma première opération. Et puis, j’ai été très honnête avec elle. J’ai utilisé les mots qu’on doit utiliser pour un enfant de 2 ans et demi, puis dans sa tête de 2 ans et demi, elle comprenait ce qu’elle voulait comprendre. Je l’ai aussi très impliquée dans les soins. J’ai … Je n’ai pas caché mes pansements, je n’ai pas caché mes médicaments. Je lui expliquais. Elle posait ses questions, je lui expliquais comme je pouvais lui expliquer. Je ne voulais pas que ma fille ait peur de la maladie. Donc pour moi c’est important de démystifier aux enfants qu’on peut quand même vivre avec le cancer. Quand j’étais jeune, pour moi le cancer égalait la mort. Alors qu’aujourd’hui, pour moi, ce n’est pas ça. C’est une maladie que j’ai, je ne le sais pas quand je vais mourir! Mais tout le monde ne sait pas quand ils vont mourir. Oui, j’ai des médicaments, j’ai des traitements, je suis fatiguée, j’ai des effets secondaires de tout ça. J’ai des symptômes… Puis ma fille comprend que sa maman vit avec ça, ça fait partie de notre quotidien. Que maman est fatiguée, puis qu’elle doit se reposer, elle le respecte. J’ai amené ma fille à des traitements de radio pour qu’elle voit ce que c’était. Parce que j’en ai fait… En 2010, j’en ai fait aussi en 2012, puis en 2013, donc elle a évolué dans tout ça. Elle a appris que sa mère pouvait vivre avec aussi. Ça ne m’empêche pas de faire des choses avec elle, elle le comprend ça. Elle comprend par contre que maman ne peut pas travailler. Et puis que … que c’est peut-être… C’est à cause de la maladie, alors… Mais moi je me dis, au moins je suis là avec elle quand elle revient de l’école. Je suis à la maison, puis elle a ma présence. Je suis chanceuse d’avoir une enfant qui est très autonome, elle est très curieuse, très éveillée. Je sais que ce n’est pas pareil pour tout le monde. Je crois que ma fille aussi m’a beaucoup aidée dans tout ça. Si je n’avais pas un enfant à m’occuper, peut-être que je serais tombée dans une plus grosse dépression. Être obligée de se lever le matin pour un enfant, lui faire à déjeuner, l’enfant est dépendant de toi. Alors en quelque part, le choix c’est « Je fais ma journée avec mon enfant ou il faut que j’appelle quelqu’un », puis quelqu’un n’est pas disponible ou de… Alors moi j’ai décidé que j’allais m’occuper de ma fille en premier lieu. Je m’occupe de moi aussi. Elle comprend que c’est important que sa mère s’occupe d’elle. Alors on remet nos priorités en place.


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